Au bout du monde, un fortin barricadé. Depuis trop longtemps, cinq combattants attendent l’ennemi. Philippe Beheydt a une vision très mature de la nature humaine. Il traque nos bassesses, ôte les masques, fouille les recoins, débusque les planques de nos cœurs. Il gratte là où ça purule, et profite de cet espace théâtral qu’il a intelligemment construit, parole après parole, pour faire sortir le pus. Il décrit le monde tel qu’il hait, mais il met au jour nos beautés aussi. Pour les heures noires où on n’y croit plus. La mise en scène est en parfaite adéquation avec le propos. Bref, un texte et des comédiens qu’on a plaisir à prendre en plein poire.
Marseille l’Hebdo, 16 juillet 2003