Quelques citations...

ACTUELLEMENT EN TOURNEE

Quelques citations...

LE DEALER : « J’avais posé ma main sur votre bras par pure curiosité, pour savoir si, à une chair qui a l’apparence de celle de la poule déplumée, correspond la chaleur de la poule vivante ou le froid de la poule morte, et maintenant, je sais. Vous souffrez, soit dit sans vous offenser, du froid comme la poule vivante à demi déplumée, comme la poule atteinte, au sens stricte du terme, de teigne déplumante ; et, quand j’étais petit, je courais derrière elles dans la basse cour pour les tâter et découvrir, par curiosité pure, si leur température était celle de la mort ou de la vie. Aujourd’hui que je vous ai touché, j’ai senti en vous le froid de la mort, mais j’ai senti aussi la souffrance du froid, comme seul un vivant peut souffrir. »

LE CLIENT : « Non, je ne courberai pas le dos devant vous, cela est impossible, je n’ai pas la souplesse d’un phénomène de foire. Il est des mouvements que l’homme ne peut pas faire, comme se lécher soi-même son cul. Je ne paierai pas une tentation que je n’ai pas eue. »

LE DEALER : « Ainsi moi, je n’ai jamais appris à dire non, et ne veux point l’apprendre ; mais toutes les sortes de oui, je les sais : oui attendez un peu, attendez beaucoup, attendez avec moi une éternité là ; oui je l’ai, je l’aurai, je l’avais et je l’aurais à nouveau, je ne l’ai jamais eu mais je l’aurai pour vous. Et que l’on vienne me dire : mettons qu’on ait un désir, qu’on l’avoue, et que vous n’ayez rien pour le satisfaire ? Je dirai : j’ai ce qu’il faut pour le satisfaire ; si l’on me dit : imaginez pourtant que vous ne l’ayez pas ? - même en imaginant je l’ai toujours. »

LE CLIENT : « Essayez de m’atteindre, vous n’y arriverez pas ; essayez de me blesser : quand le sang coulerait, eh bien, ce serait des deux cotés et, inéluctablement, le sang nous unira, comme deux indiens, au coin du feu, qui échangent leur sang au milieu des animaux sauvages. Il n’y a pas d’amour, il n’y a pas d’amour. Non, vous ne pourrez rien atteindre qui ne le soit déjà, parce qu’un homme meurt d’abord, puis cherche sa mort et la rencontre finalement, par hasard, sur le trajet hasardeux d’une lumière à une autre lumière, et il dit : donc, ce n’était que cela. »