Claire
Moi telle que vous me voyez là, j’ai eu vingt ans et j’ai été aimée par cet homme superbe. Je croyais en Dieu à ce moment-là et je communiais tous les jours. Lui vivait maritalement avec une femme et d’abord je n’ai pas voulu de lui à cause de ça. Nous nous sommes aimés à la folie pendant 2 ans. Je dis à la folie. C’est lui qui m’a détachée de Dieu. Je ne voyais que par lui après Dieu. Je n’écoutais que lui, il était tout pour moi et un jour il n’y a plus eu de Dieu mais lui seul. E puis un jour il a menti. Le ciel s’est écroulé. Trois ans après, j’a rencontré Pierre Lannes. Il l’a emmenée à Paris Je n’ai pas eu d’enfants. Je me demande bien à quoi j’ai passé ma vie.
(…)
L’interrogateur
Vous auriez aimé que les autres connaissent les pensées que vous aviez dans le jardin ?
Claire
Oui. J’aurais désiré les prévenir, qu’ils le sachent que j’avais des réponses pour eux. Mais comment ?
L‘interrogateur
En parlant.
Claire
Non. Je n’étais pas assez intelligente pour l’intelligence que j’avais et dire cette intelligence que j’avais, je n’aurais pas pu. Pierre Lannes lui , par exemple, il est trop intelligent pour l’intelligence qu’il a. J’aurais voulu être complètement intelligente pendant tout ce temps de ma vie. Je n’y suis jamais arrivée. Maintenant je sais que c’est trop tard.
(…)
L’interrogateur
Pourquoi l’avez-vous tuée ?
Claire
Si j’avais su le dire, vous ne seriez pas là à m’interroger. Pour le reste je sais.
L’interrogateur
Le reste ?
Claire
Si je l’ai découpée en morceaux et que j’ai jeté ces morceaux dans des trains c’est que c’était un moyen de la faire disparaître, mettez-vous à ma place, quoi faire ? D’ailleurs on dit que ça n’était pas mal trouvé. Avant d’être prise par la police, je ne voulais pas me faire prendre par la police. Alors je l’ai fait disparaître.
L’interrogateur
Et maintenant que vous avez été prise par la police ?
Claire
Oh, maintenant, j’irais au poste. C’est trop fatigant, toute cette boucherie.
Il vaut mieux aller au poste tout de suite.
Claire
Si je vous disais où est la tête, vous me parleriez encore ?
L’interrogateur
Non.
Claire
Vous êtes découragé. C’est ça ?
L’interrogateur
Oui.
Claire
Si j’avais réussi à vous dire pourquoi j’ai tué cette grosse femme sourde, vous me parleriez encore ?
L’interrogateur
Non, je ne crois pas.
Claire
Vous voulez qu’on essaye encore Qu’est-ce que j’ai dit qui vous a découragé tout coup ? L’heure est passée ? C’est toujours la même chose, qu’on ait commis un meurtre ou rien. Quelquefois ma bouche était comme le ciment du banc, je vous l’ai dit ? (…) Moi à votre place, j’écouterais. Ecoutez-moi… Je vous en supplie.