Après 16 ans d’incarcération, elle est « partante ». Ce mot n’existe que là. Il signifie qu’elle sortira demain de prison. Mais avant cela, il lui reste une ultime nuit à passer en captivité, enfermée dans ce sas, dans lequel nous sommes avec elle, pour cette nuit interminable de souvenirs mêlés, de doutes, d’angoisses, d’humiliations, de blessures qui marquent au fer rouge la chair et l’esprit et qui font que la vie ne peut reprendre là où on l’a laissée. Comment pourra-t-elle se réinsérer dans la société, revoir les siens ?
Corianne Mardirossian, magnifique, est réellement habitée par ces textes recueillis dans les années 80 par Michel Azama lors d’un stage à la prison centrale de Rennes, qui nous offrent une vision du monde carcéral dans toute sa dureté.
Marie-Felicia Alibert
25 juillet 2009