Fantastique poème de la solitude, et de la fascination de la mort, cette pièce attire acteurs, metteurs en scène et spectateurs comme la flamme le papillon. Ici la mise en scène se démarque des grandes mises en scène des débuts de la pièce en nous présentant des personnages contrastés plutôt que miroirs. Le dealer guette sa proie tel le corbeau, il est méphistophélique, (feu de l’enfer compris), il bondit, il se perche, sa voix ondule comme ses bras terminés par des serres, son habit est d’une étrange élégance. Le client est raide, bras au corps, le plus souvent immobile et acculé, sobrement vêtu, et il parle vite et droit. Les deux comédiens habitent leurs personnages et captivent leur public, qui les applaudit chaudement, la mise en scène peut plaire ou agacer...
Alain Pécou, Hebdo Vaucluse, avignon 2004