Credo : intentions de Mise en Scéne

ACTUELLEMENT EN TOURNEE

Credo : intentions de Mise en Scéne

Admirable pamphlet sur la solitude, la pièce d’Enzo Cormann nous entraîne dans l’imaginaire d’une femme esseulée.

L’autre, le mari, le compagnon imaginaire, ne doit en aucun cas être abstrait. Sa présence trouble, ses paroles et ses gestes aussi invisibles soient-ils sont concrétisés par le dialogue et les mouvements de la comédienne. Car cet autre tant désiré existe : « Et s’il est vrai qu’on a toujours besoin de quelqu’un pour vivre, alors certainement tu existes puisqu’il faut bien que je vive. » Ce parti pris impose donc le quatrième mur et place le spectateur en voyeur de cette scène intime entre elle et lui au cœur de la nuit. Pourquoi la nuit ? La nuit réveille les solitudes, propices aux divagations de l’imaginaire. Elle se lève pour boire, comme de coutume, après avoir tenté à plusieurs reprises de s’endormir. Alors elle lui raconte ses journées, ses souvenirs, son enfance... pour lui raconter enfin comment elle a voulu le tuer, lui qui n’existe pas.

Et à ceux qui diront qu’elle est folle, nous leur répondrons : Dit-on d’ un homme qui croit en Dieu, qui lui parle et qui l’écoute, qu’il est fou ! Non ! Notre petite Credo n’est « ni folle, ni seule », elle est amour et espoir. Ce trop plein d’amour et de solitude l’entraîne dans ce rêve qu’elle se créé chaque soir : « Tu n’es bien sûr qu’une sorte de rêve avec certaines fois de la lumière vraie. » Lui, il est sa force, son compagnon de vide « Tu es la force vide qui me sert à lutter contre cet autre vide qui est l’angoisse du matin et du soir. » Et si, elle décide ce soir de le tuer, c’est l’absence qu’elle tente d’assassiner. Simplement !

Sylvia Bruyant et Vincent Dos Reïs