CROISADES d'après Michel Azama

CROISADES d’après Michel Azama

Il est plus que difficile de résumer Croisades : en effet, il ne s’agit pas d’une fable, mais d’un commentaire, d’une réflexion apportée par des personnages intemporels dans un lieu indéfini. Il n’y a ni effet, ni causalité, juste des bribes d’histoire, des témoignages, des morceaux de vie gâchées. Un lieu commun pourtant, la guerre : la guerre avec ses peines et ses rires, avec son incompréhensible dureté et sa naïveté enfantine que soulève avec brio Michel AZAMA. La naïveté, le ludique, oui, sont au centre du texte : la guerre pique comme un jeu où morts et vivants, bourreaux et victimes, anges et démons se croisent sur ce jeu d’échecs incommensurable. Les morts sont là, présents, parlent, nous parlent, peut-être plus vivants que les vivants et les vivants parlent sans se parler. Les siècles aussi se côtoient : quand une femme de huit cents ans rencontre un G.I américain, que se disent-ils ?

AZAMA décrit la guerre, toutes les guerres avec une légèreté effrayante, un surréalisme pourtant si évocateur de tant d’atrocité. Quel plaisir de travailler sur un texte si riche et si fort. Voilà enfin un auteur contemporain comme on aimerait en voir plus souvent !